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Fasseur Barbara - 06.04.2018  

pour ActuaLitté 

Les dessous de la saga Outlander

Outlander, titre original de la saga, est une fiction qui rassemble tout à la fois, faits historiques, aventure, romance et kilts. On y suit la double destinée de Claire Elizabeth Beauchamp entre deux époques et deux maris. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, elle retrouve son mari Frank Randall en Écosse. Seulement, au cours d’une balade, inexplicablement attirée vers un menhir, elle se retrouve transportée à travers le temps. Au cœur de la lutte entre Highlanders et Anglais en 1743, elle fait alors la connaissance du beau Jamie Fraser. 

Mais ça, toute l’assistance le sait déjà. Que ce soit à travers les pages des imposants tomes, ou les trois saisons de la série Netflix, le public majoritairement féminin est présent pour rencontrer la créatrice de cet univers si riche en détails et si juste dans les références. L’auteure prend le temps de décortiquer ses motivations. "J’ai voulu raconter ce que c’est d’être mariés pendant plus de 50 ans. Comprendre comment un couple peut durer en explorant la vie quotidienne, l’évolution des sentiments et la vie à deux après tant d’années" confie-t-elle. 

 À l’étonnement de ses lecteurs, l’auteure confirme travailler seule et sans plan préétabli. Elle écrit petit à petit, scène par scène pour construire progressivement son récit en laissant vivre son univers et ses personnages. Cela donne lieu à des tomes qui sont très riches dans les différentes descriptions, en citant par exemple les événements historiques, mais aussi les techniques médicales utilisées par Claire en tant qu’infirmière. Et pourtant, même pour les recherches, c’est elle qui fait tout. 

 "C’est comme lorsque l’on va soi-même au supermarché plutôt que de confier la liste de courses à quelqu’un d’autre. On revient avec plein de petits plus auxquels on n’aurait pas pensé. Eh bien, avec les recherches c’est pareil. En prenant le temps de les faire par moi-même, je découvre des choses que je n’aurais jamais étudiées sans cela. Ce travail me permet de rendre le récit plus fouillé, bien meilleur. Et avec ces connaissances-là, je me crée beaucoup moins de barrières et je nourris sans cesse mon inspiration". 

 Et c’est le moins que l’on puisse dire, Diana Gabaldon ne se fixe que peu de barrières. Elle n’hésite pas à aborder des sujets difficiles, mais toujours bien documentés. L'un des thèmes récurrents est sans conteste la condition des femmes à travers les siècles, et les questions de viol et de consentement qu’elle soulève. Immanquablement, Claire devient alors une figure d’indépendance et de rébellion. "Après tout, le conflit sous toutes ses formes a toujours donné du grain à moudre aux auteurs". 

 Et c’est d’ailleurs le point de départ de son cycle du Cercle de Pierre. "En tant que chercheuse, je savais déjà utiliser une bibliothèque. Alors pour mon premier roman, une fiction historique se basant sur du matériel déjà existant était le genre qui me semblait le plus accessible". Diana Gabaldon a en effet entamé son premier récit en secret à 35 ans. "Mozart est mort à 35 ans. Je n’avais pas envie de mourir sans avoir fait ce pour quoi je me pensais destinée." 

Pour se faire, après des jours à la bibliothèque, elle a listé toutes les périodes de conflits qui lui semblaient dignes d’intérêt. Au même moment, la voilà scotchée par la rediffusion d’un épisode de Dr Who. On y croise un des compagnons récurrents du Docteur, qui n’est autre qu’un jeune écossais venu de l’année 1745, vêtu de son kilt. Son nom ? Jamie MacCrimmon, joué par l’acteur Frazer Hines (mais ça Diana ne l’apprendra que des années plus tard…). 

 "Et voilà, c’est de là que je suis partie. Je ne connaissais rien de l’Écosse ni du 18e siècle, je n’avais pas d’intrigue, pas de plan ni même de personnage. Je n’avais rien d’autre que cette idée d’un homme en kilt. Avec cette image très forte, je me suis lancé dans mes recherches sur les conflits de l’époque en Écosse". 

 Et Claire dans tout ça ? Elle est arrivée trois jours après le début de la rédaction, pour ajouter un peu de piment, un peu de conflits."Après trois jours à raconter la vie à la ferme d’écossais en kilt, j’ai décidé d’y ajouter une femme anglaise. Quand je l’imaginais dans le cottage avec Dougall et les autres, je savais qu’elle ne serait pas prête à coopérer. Pour ce qui est d’en faire une infirmière, je me suis demandé en tant que femme ce que j’aurais aimé exercer comme profession, sans pour autant m’encombrer de la technologie. Et c’est comme ça que j’ai attribué à Claire une profession médicale, rien de mieux pour survivre" s’amuse l’auteur. 

 Et quand on lui demande si elle compte continuer à écrire, Diana Gabaldon réponds qu’il y a encore bien d’autres histoires à raconter. Aucun doute, le facteur kilt à encore de beaux jours devant lui... 

Diana Gabaldon

et le "kilt-factor"