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Alors que les Fraser vivent en bonne entente avec les Indiens Cherokees qu’ils ont appris à connaître et à apprécier, vivent, 1000 kilomètres plus au nord, les Mohawks, appartenant à la nation iroquoise, dont certains membres parcourent de longues distances afin de faire du troc.

C’est à l’une de ces tribus que Young Ian confie le sort du malheureux Roger, et auprès de laquelle, finalement, il va vivre quelques années.

 

Tribu indienne d'Amérique du Nord appartenant à la famille linguistique des Iroquois et originaire de l'actuel État de New York, les Mohawks sont l'une des six grandes nations iroquoises, qui sont, d’est en ouest : les Tuscaroras, les Sénécas, le Onneiouts, les Onondagas, les Cayugas et  les Mohawks.

Ils doivent leur nom à leurs ennemis héréditaires, les Algonquins, pour qui Mohawk veut dire "mangeur d’homme". Dans leur propre langue, le peuple mohawk se fait appeler Kanienkehaka, ce qui signifie, selon le contexte et les interprétations, "peuple de la lumière ", "hommes éclairs", "peuple des silex" ou encore "enfants des étoiles".

Ils étaient également appelés Agniers en français et Maquas en hollandais.

 

Les Mohawks, tout comme les autres tribus iroquoises, menaient une vie semi-sédentaire. Ils avaient un conseil tribal choisi par les mères du clan (matriarches ou femmes cheffes de file.) Mais ils étaient également soumis aux décisions prises par le Grand Conseil iroquois auprès duquel neuf de leurs chefs représentaient les intérêts de leur tribu.  Pour tout dire, la Confédération iroquoise a été l'un des exemples de démocratie représentative utilisée comme modèle par les pères fondateurs de l'Amérique, dont les gouverneurs de chaque état sont, encore aujourd'hui, soumis au gouvernement américain.

Les tribus indiennes

2 - Les Mohawks  

Au sein de leur village, les Mohawks vivaient dans des maisons longues, qui étaient de grands bâtiments à ossature de bois recouverts de feuilles d'écorce d'orme et qui pouvaient mesurer plus de 30 mètres de long. Un clan entier y vivait (jusqu’à 60 personnes).

Tout comme leurs voisins, les Mohawks sont un peuple agricole qui dépend des "trois sœurs" (le maïs, le haricot et la courge) pour se nourrir. Si les champs sont d’abord dégagés par les hommes, la responsabilité de planter et de s’occuper des récoltes, et de les cueillir, incombe aux femmes du village.

Le principe des trois sœurs, outre sa vertu nutritive, tenait au fait que les trois plantes s’entraident pour pousser (compagnonnage végétal).

La tige de maïs sert de tuteur au haricot grimpant. Les grandes feuilles du maïs protègent également les courges du vent, et du soleil. Le haricot, comme les autres plantes de sa famille, est capable de capter le diazote de l'air, pour fournir une sorte d'engrais naturel aux deux autres plantes, qui ainsi poussent beaucoup mieux. La courge, en étalant ses grandes feuilles près du sol, empêche les mauvaises herbes de pousser (et donc de « voler » de l'eau et des nutriments aux autres plantes), et elle retient l'eau, en l'empêchant de s'évaporer. Les tiges et les feuilles de la courge portent également des épines, qui la protègent des herbivores, et qui vont du coup aussi protéger le maïs et le haricot autour desquels elle pousse.

En plus d'être cultivées ensemble, les trois sœurs sont également récoltées, et mangées ensemble ; elles sont à la base de l'alimentation des Iroquois, et constituent un régime alimentaire équilibré. Elles sont toutefois assez pauvres en matières grasses ; c'est pourquoi, en plus des trois sœurs, les Iroquois cultivaient souvent le tournesol pour compléter leur alimentation.

 

Alors que les hommes étaient chargés de la chasse, du commerce et de la guerre, les femmes mohawks étaient responsables de l'agriculture, de la propriété et de la famille.

Les clans étaient toujours dirigés par des femmes, qui prenaient toutes les décisions concernant les terres et les ressources pour chaque clan. Mais les chefs mohawks, qui prenaient les décisions militaires et passaient les accords commerciaux, étaient toujours des hommes. Seuls les hommes représentaient les Mohawks au Grand Conseil iroquois, mais seules les femmes votaient pour déterminer qui seraient les représentants des Mohawks.

Outre les neuf représentants au conseil iroquois, chaque communauté mohawk avait un conseil local qui guidait le ou les chefs villageois.

Ils étaient répartis en trois clans : l'ours, le loup et la tortue.

 

Les Mohawks guerroyaient souvent contre leurs voisins, les Algonquins.

Lorsque les Hollandais introduisirent les armes à feu comme mode de paiement des peaux de castors, les victoires mohawks se firent plus nombreuses. Cependant, les contacts avec les Européens ont provoqué un déclin rapide de la population. La plupart des Mohawks prirent le parti des Anglais dans la guerre contre les Français et les Indiens. Mais certains d'entre eux, qui étaient convertis à la religion catholique (les Indiens dévots du Québec), et qui étaient installés dans des missions le long du Saint-Laurent et surtout à Caughnawaga, épousèrent la cause des Français. Ils servirent même de guides dans des expéditions contre leurs anciens alliés de la Ligue des Iroquois.

 

Plus tard, durant la guerre d'Indépendance, sous l'influence de leur chef Joseph Brant, les Mohawks prirent le parti des Anglais.

Leurs descendants sont installés dans la baie de Quinte et dans la réserve indienne des Six Nations à Brantford, dans l'Ontario.

Le recensement américain de 1990 fait état de 15 500 Mohawks.

 

 

Au cours du 18e siècle, les Mohawks, regroupés dans deux villes principales sur la rivière Mohawk, sont de plus en plus en minorité par rapport aux colons venus d’Europe.

Ils adoptent les types de maisons de leurs voisins et entretiennent des liens étroits avec l’administration britannique.

Le surintendant des affaires indiennes, sir William Johnson, épouse  Mary Brant, une Mohawk et utilise les guerriers de sa tribu contre les Français dans la guerre de Sept Ans (connue en Amérique du Nord comme la guerre entre les Français et les Indiens). William Johnson meurt avant le début de la Révolution américaine. Cependant, les Mohawks s’engagent dans ce conflit en 1777 sous le commandement de Joseph Brant (Thayendanegea), le frère de Mary, tout juste rentré d’Angleterre. Avec  ses guerriers, ils infligent plusieurs défaites aux Américains, mais ils sont finalement forcés d’abandonner leurs maisons. Celles-ci sont confisquées et utilisées par les colons américains.

Après la guerre, Joseph Brant et ses hommes s’installent près de la rivière Grand sur une concession (aujourd’hui appelée « réserve des Six Nations ») que leur accorde le gouverneur. D’autres Mohawks, dirigés par John Deserontyon, s’établissent dans la baie de Quinte. La plupart étant anglicans, l’argent donné par la reine Anne est partagé entre les deux réserves.

Joseph Brant et Teyoninhokarawen (John Norton) mènent également de nombreux Mohawks au combat pendant la guerre de 1812, où ils luttent du côté des Britanniques. Cette alliance perdure jusqu’au 19e siècle, lorsque d’habiles navigateurs mohawks de Kahnawake, près de Montréal, sont recrutés pour transporter l’armée du général Garnet Wolseley sur le Nil en 1884-1885.

 

Les Mohawks, comme beaucoup d'Amérindiens,  appuient également  les forces armées dans les deux guerres mondiales, ainsi que dans d’autres conflits armés.

 

Malgré l'opposition de son conseil à l'enrôlement des membres de la réserve, la collectivité des Iroquois des Six Nations de Grand River au sud de Brantford, en Ontario, fournit plus de soldats que n'importe quelle autre collectivité autochtone du Canada lors de la guerre de 14-18. Environ 300 d'entre eux allèrent au front. En outre, les membres de cette réserve, la plus populeuse au Canada, donnèrent des centaines de dollars pour aider les orphelins de guerre en Grande-Bretagne et pour apporter d'autres types de secours aux victimes de la guerre.

Nombre des volontaires de la réserve des Six Nations furent d'abord membres du 37e Haldimand Rifles, un régiment de la milice active non permanente établi dans la réserve. Ce régiment fournit la plupart des membres du 114e Bataillon d'infanterie canadien, pour lequel on avait fait du recrutement dans la région. Cinquante Mohawks de Kahnawake au Québec, de même que plusieurs Mohawks d'Akwesasne, se joignirent aux recrues de Grand River dans cette unité. Des Autochtones de l'ouest de l'Ontario et du Manitoba en devinrent aussi membres.

 

Finalement, deux compagnies du bataillon étaient entièrement composées d’Autochtones, y compris les officiers. En reconnaissance de sa forte composition d'Autochtones, le bataillon adopta un emblème composé de deux tomahawks croisés en-dessous de la devise For King and Country (Pour le roi et le pays). De plus, les membres de la Ligue patriotique des femmes des Six Nations brodèrent des symboles iroquois pour donner un drapeau distinctif au bataillon.

De nos jours, un peu plus de 16 000 Mohawks vivent au Québec principalement dans les territoires suivants :

Kanesatake (2 508 habitants), près d'Oka dans les Laurentides, territoire réservé aux Mohawks, mais qui ne constitue pas une réserve indienne au sens de la loi sur les Indiens ;
Kahnawake (10 946 habitants, anciennement Caughnawaga), près de Châteauguay — réserve ;
Akwesasne (partagé entre le Québec, l'Ontario et l'État de New York), aussi connu sous le nom de Saint-Régis — réserve.
Hors du Québec :

Ganienkeh et Kanatsiohareke dans le nord-est de l'État de New York ;
Tyendinaga et Wahta (Gibson) dans le sud de l'Ontario ;
la réserve des Six Nations, où ils forment la majorité des habitants de cette réserve mixte iroquoise, en Ontario.


En 1985, l’Assemblée nationale du Québec les reconnaît officiellement comme l'une des dix nations autochtones du Québec (abénaquise, algonquine, attikamek, crie, huronne-wendat, micmaque, mohawk (ou agnier), innue, naskapie et inuite).

Valérie Gay-Corajoud