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Robert Burns

Au coeur des traditions écossaises  

Robert Burns  (1759-1796)

 

 

            « Freedom and whisky gang thegither »

Paroles d’un poète qui écrit en Scott…

Texte :  Françoise Rochet

Illustration : Gratianne Garcia

Mais pourquoi parler de Robert Burns, un poète qui est né plus d’une décennie après Culloden et dont Jamie, homme si cultivé, n’a pas eu l’occasion de lire les écrits ?

Et cependant,  Diana Gabaldon en fait référence… et le poète devient même un acteur essentiel des retrouvailles de Jamie et Claire.

Whisky et Liberté… deux mots qui résonnent comme du cristal dans cette saga.

 

Deux mots salvateurs !

 

Remémorons-nous les faits !

 

Un certain Alexander Malcolm (Jamie Fraser) a publié un article dans lequel la phrase "Liberté et Whisky" était citée.

 

Claire avait récité ce poème à Jamie lorsqu'ils étaient ensemble avant Culloden.

Robert Burns est né en 1759 et, par conséquent, il n’avait encore rien pu écrire pendant la vie de Jamie et Claire vers 1745. La publication d’Alexander Malcolm est datée de 1765  (alors que Burns n'avait que 6 ans). Cela n’avait donc  pu se passer que parce Jamie en avait entendu parler par Claire, la « Voyageuse du temps ».

 

Ce vieux document a donné à Claire l’énergie pour retourner au XVIIIe siècle afin de retrouver Jamie. C’est Roger, l’historien, qui a déniché ce journal jacobite indépendantiste annonçant en titre « Liberté et Whisky», un poème bien connu des érudits et des Francs-maçons.

 

Roger ne sait pas que Jamie est devenu franc-maçon… mais il sait que cela est probable car cette institution a vu le jour en Écosse.  Il sait également que Burns, franc-maçon, a écrit dans son oeuvre un long plaidoyer pour la fraternité, la liberté, l’égalité.

 

De plus, il comprend que ce Malcolm, qui signe l’article, est quelqu’un qui a été informé avant l’heure de l’existence de Burns. Pour lui, il ne peut s’agir que de Jamie. Donc il est vivant. Ainsi, il fait le lien entre Alexander Malcolm, Jamie Fraser et Burns, le poète dont Claire aimait à répéter « Liberté et Whisky».

 

Mais quelle était la motivation du barde écossais avec ce poème et pourquoi était-ce une réflexion sur son époque ? 

 

C’est ce que nous allons découvrir !

 

Robert Burns est peu connu en France. Cependant les lettres françaises ont toujours marqué de l’intérêt pour la culture écossaise car les liens entre l’Ecosse et le pays de Voltaire sont très étroits.

Nous connaissons David Hume, Ossian, Walter Scott, Robert Louis Stevenson et tout ce panthéon élevé au XIXème, la grande période du nationalisme, et admiré par les romantiques, les aventuriers et même les économistes mais Robert Burns, « le fermier à la charrue » resta longtemps inconnu Outre-Manche.

Et pourtant, le barde écossais fait l’objet d’une grande adulation dans son pays natal. Hissé au rang de héros national de son vivant et révéré chaque année par la cérémonieuse Burns Night, Robert Burns demeure le personnage historique préféré des Écossais.

 

Si l’on en croit plusieurs sondages, parus régulièrement, la popularité posthume du poète dépasse même celle de William Wallace, le grand martyr de l’indépendance écossaise, rendu mondialement célèbre par le film de Mel Gibson, Braveheart, en 1995.

Il faut également insister sur le fait que Burns n’est pas seulement une icône écossaise, ni même anglo-saxonne.

Ses textes prônant l’égalité et le respect des Hommes en firent l’inspirateur d’une pensée progressiste au XIXeme siècle et au-delà, comme nous le verrons dans ce document. 

Burns, franc-maçon, a reçu le soutien de ses frères  maçons qui ont joué un rôle déterminant dans la promotion de son travail de son vivant et après sa mort.

 

Lorsqu’il mourut, une souscription fut ouverte pour soutenir son épouse et ses enfants.

Dix mille personnes étaient présentes à ses funérailles.

Il est le fils de l’Ecosse, l’enfant chéri, dont la date d’anniversaire, le 25 janvier, est devenue une fête nationale. 

 

Robert Burns est également connu des Écossais sous le nom de Rabbie Burns. 

 

Cet homme atypique, fils du pasteur d'Alloway (Ayrshire), d'origine paysanne, exploitera la terre toute sa vie. Il reçoit dès son plus jeune âge des leçons d’un précepteur qui contribuent à sa formation littéraire. En effet, l’éducation est d'un haut niveau en Écosse au XVIIIe siècle.

Tout en étant l’ouvrier principal dans la ferme paternelle, il lit des œuvres anglaises classiques et des œuvres à la mode, dont des satires. Il se met à admirer les poètes écossais, du Moyen Âge et de la Renaissance.

 

Cette découverte artistique l’incite à commencer à écrire. Il s’évade et rêve à un monde meilleur.

Quand son père est mort en 1784, Robert et son frère sont devenus associés dans la ferme.

 

Depuis ses quinze ans, il développe déjà son thème de prédilection : les femmes. 

Sa vie sentimentale fut jalonnée de nombreuses mésaventures qui aboutirent  à plusieurs enfants illégitimes, dont des jumeaux à celle qui deviendra finalement son épouse, Jean Armour.

 

Sur le point d’abandonner l’agriculture, il envisage de partir aux Antilles, d’y faire fortune et de faire venir Jean Armour et les enfants. Ses premiers poèmes en dialecte écossais sont publiés en 1786.

 

Il y raconte ses amours, les femmes, ses liaisons amoureuses.

De très bonnes critiques le décident à rester en Ecosse.

 

Il se fait admettre en 1786 dans les cercles littéraires d'Edimbourg qui admirent son travail tout en continuant à exploiter sa ferme. Il fréquente les châteaux sans cesser de s'habiller en paysan.

 

Sa poésie n'est pas un phénomène unique. Il est l'héritier d'une tradition nationale. Comme ses prédécesseurs, Burns écrit en anglais ancien et en dialecte écossais du Nord, le Lawlan Scot,  des Lawlands du Sud par opposition au gaélique, langue celtique du Nord.

 

Il emprunte aux anciens poètes écossais, des rythmes et des strophes qui souvent venaient des poètes français de la cour de Marie Stuart.

 

 

Sa nature romantique, son amour de la nature, la poésie le conduisent à avoir une autre vraie passion, son pays, l’Ecosse.

Il est avant tout cet Ecossais fier de son pays, il ne cessera jamais de décrire cette terre de liberté… et chantera par des mots simples l’amour de son pays.

 

Avec Mon cœur est dans les Highlands / My heart's in the Highlands, il devient le chantre de la diaspora écossaise.

My heart's in the Highlands
My heart's in the Highlands, my heart is not here,
My heart's in the Highlands a-chasing the deer
A-chasing the wild deer, and following the roe;
My heart's in the Highlands, wherever I go.
Farewell to the Highlands, farewell to the North
The birth place of Valour, the country of Worth;
Wherever I wander, wherever I rove, The hills of the Highlands for ever I love.
Farewell to the mountains high cover'd with snow;
Farewell to the straths and green valleys below;
Farewell to the forrests and wild-hanging woods;
Farwell to the torrents and loud-pouring floods.
My heart's in the Highlands, my heart is not here,  

My heart's in the Highlands
a-chasing the deer Chasing the wild deer, and following the roe;
My heart's in the Highlands, whereever I go.  

My Heart's in the Highlandspar  

par Les Barra MacNeils 

  

My Heart's in the Highlands 

Par Ross Harris 

… « Il tint bon quelque temps, verdissant à vue d'œil, refusant de quitter le pont tant que les côtes écossaises étaient encore visibles. — Je ne les reverrai peut-être jamais, dit-il d'une voix morne tandis que je tentais de le convaincre de descendre dans la cabine. Accoudé au bastingage par-dessus lequel il venait de vomir, il fixait la ligne noire des falaises que l'on apercevait encore, loin derrière nous. 

— Mais si, tu les reverras, dis-je avec assurance. Je ne sais pas quand, mais je sais que tu reviendras. Il se tourna vers moi, perplexe, puis un faible sourire se dessina sur ses lèvres. »… 

 « Glissant la main sous son bras, je regardai l'Écosse s'éloigner lentement. »… 

Tome 3 Ch 41 «  Amarres larguées »

 

Homme simple, ses origines rurales ont développé chez lui l'observation et l'amour de la nature, son respect et de la simplicité.

Son poème « To a Mouse » est typique de cet aspect de l'art de Burns, qui connaît si bien la campagne.

To a Mouse nous raconte les sentiments du poète qui a écrasé un nid de souris avec sa charrue.

Burns fait naître des sentiments d’affection pour ce petit rongeur. Et à la manière des fables de la Fontaine, il nous incite à réfléchir sur le rapport de force entre l’homme et la nature et il enchaîne sur l’avenir de l’humanité.

 

C'est un vrai précurseur !

A une souris dont j’avais détruit le nid avec ma charrue  en novembre 1785. 

Tu n'as pas besoin de te sauver si vite 

Et d'un pas si précipité ! 

Il me répugnerait de courir après toi 

Avec le curoir meurtrier ! 

Je suis vraiment fâché que la domination de l'homme 

Ait rompu le pacte social de la nature, 

Et qu'elle justifie cette mauvaise opinion 

Qui te fait fuir 

Devant moi, ton pauvre compagnon sur la terre, 

Et mortel comme toi. 

Je sais bien que parfois tu voles 

Mais quoi ? Pauvre petite bête, 

Il faut que tu vives 

De temps à autre un épi de blé sur deux douzaines 

Est une faible requête : 

Cela portera bonheur au reste 

Et ne me fera jamais faute 

Ta toute petite maisonnette aussi, en ruines ! 

Les vents en éparpillent les misérables murs 

Et rien, à présent, pour en bâtir une nouvelle 

De mousse verte. 

Et les vents du froid décembre qui arrivent. 

Tu voyais les champs nus et dépouillés, 

Et l'hiver rigoureux accourir, 

Et chaudement ici, à l'abri de son haleine, 

Tu croyais demeurer, 

Lorsque, crac, le soc cruel a passé 

A travers ta cellule 

Ce tout petit tas de feuilles et de chaume 

T'a coûté bien des grignotements 

Maintenant tu es expulsée, pour fruit de toute ta peiné, 

Sans maison ni logis, 

Pour supporter les neiges fondues de l'hiver, 

Et les froides gelées blanches. 

Mais, petite souris, tu n'es pas la seule 

A éprouver que la prévoyance puisse être vaine : 

Les plans les mieux combinés des souris et des hommes 

Tournent souvent de travers, 

Et ne nous laissent que chagrin et peine 

Au lieu de la joie promise. 

Tu es encore heureuse, comparée à moi 

Le présent seul te touche ; 

Mais, hélas ! je jette l'œil en arrière 

Sur de lugubres perspectives, 

Et ce qui est devant, quoique je ne puisse pas le voir, 

Je le devine et le crains ! 

Il aime les humbles. Il décrit la vie simple du paysan, sans artifice, mais avec des sentiments profonds.

Il exprime les joies de l'amour conjugal, du foyer après la journée de travail.

 

 « The Cotter's Saturday Night » 

est caractéristique de cet intimisme où nous sommes loin des pédanteries londoniennes.  Burns fait de nouveau œuvre de précurseur

Il nous conte la soirée d’un père de famille qui rentre des champs et le repas,  entouré des siens. Puis ils vont dormir. Après un moment d’intimité du couple, l’auteur termine par son amour pour l’Ecosse.

Les deux époux rendent leur secret hommage 

Et adressent au ciel la fervente prière 

Que Celui qui apaise le nid bruyant du corbeau 

Et pare le beau lis d’un éclat fastueux 

Veuille, de la manière que sa sagesse juge la meilleure 

Pourvoir à leur existence et à celle de leurs petits-enfants 

Mais surtout régner sur leur cœur par la Grâce Divine. 

L’amour grandeur de la vieille Ecosse prend sa source dans des scènes comme celles-ci 

Qui la fait aimer au dedans et respecter au dehors : 

Les princes et les lords ne sont que l'émanation des rois, 

« Un honnête homme est l'œuvre la plus noble de Dieu ; » Ecosse mon cher sol natal, 

Pour qui mon vœu le plus fervent est adressé au ciel 

Puissent longtemps tes robustes enfants, adonnés aux travaux rustiques - 

Jouir de la santé, de la paix et du doux contentement ! 

 

Ecosse, tu versas le torrent patriotique 

Qui coulait dans le cœur indompté de Wallace, 

Lequel osa noblement tenir tête à l'orgueil tyrannique, 

Ou noblement mourir, second rôle glorieux 

Tu es particulièrement le dieu du patriote, 

Son ami, son inspirateur, son tuteur et sa récompense, 

Oh ! jamais, jamais n'abandonne le royaume d'Ecosse; 

Mais que toujours les patriotes ou les bardes patriotes 

Se succèdent avec éclat pour son ornement et sa défense ! 

Burns a recherché les vieilles ballades et chansons populaires. Il les a rénovées et modernisées.

Le succès vraiment mondial de « Auld Lang Syne » témoigne de la réussite totale de Burns. Nous avons tous chanté un jour « Ce n’est qu’un au revoir ».

Sans aucun doute, des millions de personnes à travers le monde chantent Auld Lang Syne. Peu connaîtront tous les mots et moins encore ce qu'ils signifient.

Ils sont attribués à Robert Burns qui a repris l'air et certains mots d'une vieille complainte dans le dialecte du sud-ouest de l'Écosse. Cette chanson est devenue aujourd’hui celle du départ et des adieux.

Elle racontait initialement l’histoire de deux jeunes hommes qui se sont séparés après leur scolarité.

Ils se retrouvent et se souviennent de leur jeunesse,  des expériences heureuses vécues et des gens bienveillants rencontrés lors de ces jeunes années.

 

Burns, devenu franc-maçon à 23 ans, témoigne dans ce chant son intérêt réel pour son amour de l'humanité et son idéal de fraternité.

Le rite maçonnique s’exerce à partir d'un cercle dans lequel tout le monde est équidistant du centre. Au début de la chanson, les frères tiennent les mains à leurs côtés, symbolisant qu'ils sont des étrangers.

 

Les premiers versets sont chantés doucement car les frères réfléchissent sur des souvenirs anciens et sur ceux qui sont passés à la Grande Loge d'en haut.

 

Quand ils arrivent au dernier verset, "Et il y a une main, mon fidèle frère (ami)...", chaque frère étend sa main droite de communion au frère de sa gauche, puis la main gauche au frère à sa droite.

Cela symbolise qu'ils croisent leur cœur et qu'ils forment automatiquement un cercle d'amitié plus petit et plus intime.

Maintenant, ils ont une chaîne ininterrompue de frères qui sont des amis proches.

Le tempo devrait alors s'élever et, au tapotement des pieds, tous chantent avec enthousiasme le refrain final.

(Extrait d’un article dans le numéro d'automne 1995 dans une revue maçonnique victorienne.)

 

Mais rapidement, le chant est sorti de la sphère maçonnique pour devenir un chant universel de l’amitié et de l’espoir de se revoir.

 

Certains documents parlent de l’utilisation de la chanson lors de la séparation des étudiants à la fin des remises de diplômes universitaires américains dans les années 1850.

En quelques décennies, l’utilisation de la chanson lors de la remise des diplômes s’est étendue au Japon, où la mélodie – connue sous le nom de Hotaru no hikari.

Cet air est joué à la fermeture des bureaux dans certains magasins en Corée du Sud.

 

En 1876, Alexander Graham Bell l’a utilisé pour faire la démonstration du téléphone, et en 1890, c’était l’une des premières chansons enregistrées sur le gramophone d’Emil Berliner.

L’utilisation de la chanson au nouvel an est apparue à peu près à la même époque, principalement à travers des Écossais en exil se réunissant devant la cathédrale Saint-Paul de Londres.

En 1929, la tradition était si bien établie à l’échelle internationale qu’une ligne de la chanson a été affichée sur le téléscripteur électronique lors des célébrations du nouvel an à Times Square, New York.

Mais ce sont les scouts qui ont joué un rôle clé dans la diffusion de sa renommée.

La chanson a été chantée à la fin du premier Jamboree Scout Mondial en 1920 et des versions en français, allemand, grec et polonais ont rapidement suivi.

 

C’est remarquable à quel point cette chanson, écrite dans une langue que même la plupart des Écossais ne comprennent pas entièrement, est devenue synonyme de nouvelle année dans le monde entier, d’amitié et de fraternité. Mais il s’agit d’un air simple à retenir et à fredonner. C’est pourquoi ce chant a fait le tour du monde.

 

Nous avons galéré tous deux

Du lever au coucher
Océans nous ont séparés
depuis le temps passé

 

Voici ma main ami fidèle
donne ta main à l’amitié
Et nous boirons encore longtemps
aux jours du temps passé

 

Et tu offres le premier verre
Et j’offre ma tournée
Buvons ensemble à la tendresse
Aux jours du temps passé.

Ce n’est qu’un au revoir 

 

Faut-il nous quitter sans espoir
Sans espoir de retour ?
Faut-il nous quitter sans espoir

De nous revoir un jour ?

 

Les jours du temps passé, ami
Les jours du temps passé

Buvons ensemble à la tendresse
Aux jours du temps passé

Nous avons voyagé tous deux
Chaque jour d’un cœur léger
Tours et détours un long chemin
Depuis le temps passé

 

Mais la poésie de Burns est encore plus originale car il s’adonne à l'art de la satire dans le dialecte écossais.  

Il attaque les cuistres ou les sots de son entourage, tel le portrait d'un apothicaire de village, « Death and Dr. Hornbook » (illustration 1 et 3) qui du haut de son statut d’homme de science s’octroie avec ses potions le droit de faire la loi, de juger et de se substituer au juge suprême, la grande faucheuse.

….. Une jolie Fille, vous savez son nom, 

S'était enflé le ventre avec une boisson mal brassée ; 

Elle se confie , pour cacher son déshonneur. 

Aux soins de Hornbook; Il l’envoya dans sa demeure dernière. 

Voilà un échantillon de la conduite de Hornbook 

C'est dans cette voie qu'il avance de jour en jour, 

C'est ainsi qu'il en empoisonne , tue et égorge; 

Et il est bien payé pour cela ; 

Mais il me frustre de ma proie légitime 

Avec sa damnée vilenie. 

Pourtant, écoute. 

Je vous conterai un projet, 

Mais n'en parlez pas ; 

Je clouerai mort le suffisant Ecossais 

Comme un hareng : 

La première fois que nous nous rencontrons je parie, 

Qu'il attrape son affaire ! 

Mais juste comme il commençait à me le conter 

Le vieux marteau de l’église frappa sur une cloche 

Une toute petite heure après minuit. 

Et dans un hilarant poème, digne du grand Molière et de son Tartuffe, il s'en prend à l'hypocrisie des dévots calvinistes. Dans « Holy Willie's Prayer »,(illustration 2) entre autres poèmes sur ce sujet, il dénonce l'étroitesse d'esprit de ceux qui utilisent le dogme calviniste pour justifier leurs turpitudes…

Ô Seigneur ! 

Hier soir, tu sais, j’ai couché avec Meg 

Je supplie sincèrement ton pardon ; 

En outre, je dois également déclarer, 

J'ai eu la fille de Lizzie trois fois, 

Mais Seigneur, ce vendredi-là, j'étais ivre, 

Quand je me suis approché d'elle ; 

Tu le sais, Ton serviteur vrai 

Je ne l'aurais jamais emmenée. 

Pourquoi laisses-tu cette épine charnue 

Tourmenter ton serviteur soir et matin…. 

Seigneur, bénis tes élus en ce lieu, 

Car ici, tu as une race choisie ! 

[…] 

Ô Seigneur, 

[…] Que je suis ici sous ta vue, 

Fort comme un rocher, 

Un guide, un bouclier et un exemple, 

À tout ton troupeau. 

Ô Seigneur, tu sais quel zèle j'ai, 

Quand les buveurs boivent et jurent, 

Car je suis gardé, par crainte de toi, 

Libéré de tous ces péchés. 

Mais pourtant, Seigneur, confesse que je dois, 

Parfois, je ressens la convoitise de la chair : 

[…] 

La poésie de Burns aussi et surtout une poésie engagée. 

Dans « A Man's a Man », il fait un long réquisitoire sur l’égalité des hommes.  Noble, riche, pauvre, libre ou esclave, un homme est un homme car telle est sa dignité.

 

En voici son histoire !

 

Si Burns est connu pour son utilisation du dialecte écossais,  c’est dans ce poème révolutionnaire qu’il met en exergue son style d'écriture tout au long du texte.

En fait,  l’expression reprise dans le poème "for a' that" vient d'une chanson jacobite publiée avant Culloden.

En français, ce fut traduit par et « cætera »… une traduction moderne nous donne « ça ira » aux accents plus révolutionnaires.

Le culte de Burns a en effet longtemps été observé (et parfois l’est encore, de façon certes plus confidentielle mais non moins enthousiaste,) en ex-URSS, en ex-Allemagne de l’Est et en République Populaire de Chine.

La raison en est que Burns, poète adoré par Karl Marx, fut l’un des chantres de l’égalité humaine.

Le texte fut publié , dans le journal de Karl Marx, le Neue Rheinische Zeitung en 1838.

 

Influencé par le vent émancipateur de la Révolution française, il composa des textes souvent tenus comme annonciateurs du Socialisme.

Publié anonymement en août 1795 dans le journal révolutionnaire d’Irlande du Nord, The Northern Star, ce poème deviendra, au siècle suivant, l’un des hymnes du jeune mouvement ouvrier. En effet, l’élan égalitariste et universaliste de la chanson apparaît, notamment chez les chartistes britanniques (Mouvement réformiste d'émancipation ouvrière qui anima la vie politique britannique entre 1837 et 1848) des années 1830, comme une prémonition du combat pour le suffrage universel.

Il deviendra un texte classique des mouvements de gauche, en Allemagne, notamment.

Is there for honest Poverty
That hings his head, an' a' that;
The coward slave - we pass him by,
We dare be poor for a' that!
For a' that, an' a' that.
Our toils obscure an' a' that,
The rank is but the guinea's stamp,
The Man's the gowd for a' that.
 
What though on hamely fare we dine,
Wear hoddin grey, an' a that;
Gie fools their silks, and knaves their wine;
A Man's a Man for a' that:
For a' that, and a' that,
Their tinsel show, an' a' that;
The honest man, tho' e'er sae poor,
Is king o' men for a' that.

 


 

Ye see yon birkie, ca'd a lord,
Wha struts, an' stares, an' a' that;
Tho' hundreds worship at his word,
He's but a coof for a' that:
For a' that, an' a' that,
His ribband, star, an' a' that:
The man o' independent mind
He looks an' laughs at a' that.

 

A prince can mak a belted knight,
A marquis, duke, an' a' that;
But an honest man's abon his might,
Gude faith, he maunna fa' that!
For a' that, an' a' that,
Their dignities an' a' that;
The pith o' sense, an' pride o' worth,
Are higher rank than a' that.
 

Then let us pray that come it may,
(As come it will for a' that,)
That Sense and Worth, o'er a' the earth,
Shall bear the gree, an' a' that.
For a' that, an' a' that,
It's coming yet for a' that,
That Man to Man, the world o'er,
Shall brothers be for a' that.

The Corries --- A Man's A Man 

A Man's A Man For A' That - Sheena Wellington 

(Opening of Scottish Parliament) 

 

Mais c’est surtout en Ecosse que la chanson de Burns résonne avec le plus d’ampleur.

En juillet 1999, lors de l’inauguration du Parlement écossais, en présence de la reine Elizabeth II, « A Man’s a Man’ » est la chanson retenue pour marquer le clou de la cérémonie.

 

Sheena Wellington, une chanteuse native de la cité ouvrière de Dundee, entonne l’hymne de Burns, face à toutes les caméras de télévision du pays, dans un grand moment de communion patriotique. Plus qu’une provocation républicaine à l’encontre de la Reine,  le choix de cette chanson,  s’explique par le besoin de clamer haut et fort l’égalitarisme du peuple écossais

A la fin du poème, le poète fait référence à tous les Hommes, afin qu'ils « prient pour que le sens et la valeur atteignent la terre. »

Il espère que la nature frivole de la société sera remplacée par l'honnêteté.

Si ce changement venait finalement sur la terre, tous les hommes seraient égaux. Il ne serait même pas nécessaire de parler des princes, des ducs et des classes inférieures.

Tous les hommes seront frères.

Il est impossible de lire ce texte sans tenir compte du fait qu'il ait été écrit à la fin du XVIIIème et qu’il soit toujours lu et applaudi par un public contemporain.

Is  there for honest Poverty
That hings his head, an' a' that;
The coward slave-we pass him by,
We dare be poor for a' that!
For a' that, an' a' that. 


Our toils obscure an' a' that,
The rank is but the guinea's stamp,
The Man's the gowd for a' that. 

What though on hamely fare we dine,
Wear hoddin grey, an' a that;
Gie fools their silks, and knaves their wine;
A Man's a Man for a' that:
For a' that, and a' that,
Their tinsel show, an' a' that;
The honest man, tho' e'er sae poor,
Is king o' men for a' that. 

Ye see yon birkie, ca'd a lord,
Wha struts, an' stares, an' a' that;
Tho' hundreds worship at his word,
He's but a coof for a' that:
For a' that, an' a' that,
His ribband, star, an' a' that:
The man o' independent mind
He looks an' laughs at a' that. 

A prince can mak a belted knight,
A marquis, duke, an' a' that;
But an honest man's abon his might,
Gude faith, he maunna fa' that!
For a' that, an' a' that,
Their dignities an' a' that;
The pith o' sense, an' pride o' worth,
Are higher rank than a' that. 

Then let us pray that come it may,
(As come it will for a' that,)
That Sense and Worth, o'er a' the earth,
Shall bear the gree, an' a' that.
For a' that, an' a' that,
It's coming yet for a' that,
That Man to Man, the world o'er,
Shall brothers be for a' that. 

Est-ce à l'honnête pauvreté 
À pencher la tête, etc.?
Le froussard esclave, nous le laissons de côté, 
Nous osons être pauvres après tout. 
Après tout, après tout, 
Malgré nos travaux obscurs, etc., 
Le rang n'est que l'empreinte de la guinée, 
L'homme en est l'or, après tout.  

Qu'importe que notre chère à dîner soit grossière, 
Que nous portions de la bure grise, etc.? 
Donnez aux sots leur soie, et aux vauriens leur vin, 
Un homme est un homme après tout, 
Après tout, après tout, 
Malgré l'éclat de leur clinquant, etc., 
L'honnête homme, si pauvre qu'il soit, 
Est le roi des hommes après tout.  

Vous voyez ce jeune gaillard, que l'on nomme lord, 
Qui se prélasse, et regarde fixement, etc.; 
Quoique des centaines de gens se prosternent devant sa parole, 
Ce n'est qu'un sot après tout; 
Après tout, après tout, 
Malgré son ruban, son étoile, etc., 
L'homme à l'esprit indépendant 
Voit tout cela et rit de tout.  

Un roi peut faire un chevalier à ceinturon, 
Un marquis, un duc, etc.; 
Mais un honnête homme dépasse son pouvoir, 
En bonne foi, il n'y saurait parvenir! 
Après tout, après tout, 
Malgré leurs dignités, etc., 
La force du bon sens et la fierté du mérite 
Sont des rangs plus hauts que tout.  

Prions donc qu'il advienne, 
Comme il adviendra après tout, 
Que le bon sens et le mérite, par toute la terre, 
Aient le dessus, etc.! 
Après tout, après tout, 
Il est encore à venir après tout, 
Que l'homme pour l'homme, dans le monde, 
Soit un frère après tout ! 

Ainsi tout au long de son œuvre, Burns s’impose dans une société dominée par l'aristocratie anglaise.

Il est en rupture avec l'Église presbytérienne.

Il est un homme aux mœurs plutôt libres. 

Il devient fonctionnaire des impôts, car la ferme qu’il exploite avec son frère ne peut subvenir à leurs besoins.

Travail étonnant pour cet Ecossais grand buveur de whisky, il est chargé des accises !

Et toujours engagé , cela ne l’empêche pas d’écrire des poèmes dans lesquels il vilipende les taxes sur cette boisson sacrée ! 

Ces maudites sangsues de l'accise , 

Qui font leur butin des alambics à whisky ! 

Lève ta main , diable ! une fois , deux fois , trois fois ! 

Allons , saisis-moi ces drôles 

Enfourne-les dans des pâtés de soufre , 

Pour les pauvres buveurs damnés ! 

[…] 

  

O whisky l’âme des jeux et des badinages 

Accepte les humbles remerciements d'un barde 

 Quand tu me manques , combien criards et discords 

Sont mes pauvres vers. 

Tu viens , ils résonnent à leur rang , 

Au cul l'un de l'autre 

[…]

Robert Burns vécut toute sa vie en Écosse, dans son comté natal, connu aujourd'hui des touristes sous le nom de Burns Country, puis à Édimbourg de 1787 à 1791. Il se fixa ensuite à Dumfries. La vie de Burns fut très mouvementée car elle fut jalonnée d'aventures sentimentales, tragiques ou scabreuses, avant son mariage avec Jean Armour en 1788.

Dans un ultime combat, il prend parti pour la Révolution française. 

 

 Il y voit un espoir et un exemple à suivre pour son Écosse natale avant de mourir à trente-sept ans, des suites d’une beuverie,  littérairement célèbre mais politiquement suspect.

 

Ses funérailles seront nationales !

Après sa mort, il devint source d'inspiration pour les fondateurs du Socialisme et même pour le Libéralisme, lorsqu’il dénonce la mainmise des Anglais… et il sera hélas récupéré par l’un ou l’autre dictateur…

Mais il sera surtout considéré comme un pionnier du romantisme. Il deviendra un héros au XIXème siècle lorsque le Nationalisme se réveillera en Europe. Les peintures consacrées au poète témoignent de cet engouement.

Surnommé le barde du Ayrshire, ses poèmes ont dépassé la sphère écossaise. Ils ont eu un retentissement mondial, tel "le chant "Auld Lang Syne".

 

 

Le Rendez-vous du 25 janvier 

Depuis plus de 200 ans, chaque 25 janvier, jour anniversaire de la naissance de Robert Burns, les Écossais vivant en Écosse ou à l'étranger, fêtent leur poète avec un dîner, où ils célèbrent le haggis et le whisky.

 

Le poète a écrit une ode au Haggis, plat traditionnel écossais !

Cette fête est joyeuse et se déroule de manière bien définie.

On y récite des poèmes de Robert Burns, on danse et on chante au son des cornemuses. Ce souper doit toujours être empreint de l'ensemble des émotions de la vie.

Ce souper est une institution de la vie écossaise : une nuit pour célébrer la vie et les œuvres du Barde national. Les soupers peuvent aller d’un rassemblement informel d’amis à un énorme repas formel plein de fastes.

Arrivée des invités 

Une grande Burns night fait appel à un joueur de cornemuse pour accueillir les invités.

Ceux-ci doivent rester debout jusqu’à ce que la table haute soit prête à être assise, après quoi une salve d’applaudissements est due.

 

Mot de bienvenue du Président qui accueille chaleureusement et présente les invités et les animations de la soirée.

 

La grâce de Selkirk est une prière courte mais importante lue pour inaugurer le repas. The Selkirk Grace est également connu sous le nom de Burns’s Grace.

C’est une action de grâce bien connue, récitée en langue écossaise avant les repas. Bien qu’elle soit attribuée à Burns, la « Selkirk Grace » était déjà connue au 17ème siècle. Elle a pris le nom de « grâce de Selkirk » parce que Burns l’aurait récitée lors d’un dîner donné par le comte de Selkirk.

 

« Certains ont de la viande et ne peuvent pas manger. 

Et certains voudraient en manger mais ne le peuvent pas. 

Mais nous avons de la viande, et nous pouvons manger,  

Alors que le Seigneur soit remercié ! » 

 

L’un des autres faits bien connus à propos de Burns est son amour pour les dames et cela se reflète également dans les soupers de Burns.

 

 Le repas 

Il y a généralement un potage au choix entre

Le plat principal  

 

Le Haggis est la vedette du repas (pense de brebis farci) 

 

 A son entrée, tout le monde se tient debout.

Il est apporté avec le couteau sur un plateau en argent , précédé d’un joueur de cornemuse et suivi de celui qui récitera l’ode au Haggis et du porteur de whisky qui devra s’assurer que tous les gosiers sont bien lubrifiés. Il sera servi avec des purées de pommes de terres et de rutabagas et d’une sauce au whisky !

Plat populaire 

Il devient un mets de choix sur son plat en argent ! 

Mais toujours, selon la coutume, le haggis sera arrosé d’une « touche » de sauce whisky,  un  euphémisme en  Écosse  

Pendant la procession, les invités applaudissent la musique jusqu’à ce que le Haggis atteigne sa destination. On lève son verre et porte un toast au Haggis, puis le plat est découpé et servi à chacun des invités Tout le monde est assis en prévision de l’ode. Address to a Haggis est l'ode humoristique de Burns au modeste haggis. Ce poème présente le haggis comme un élément symbolique de la culture écossaise et contribua à faire du haggis, non pas un mets populaire, mais le plat national de l’Ecosse.

Et donnez-lui du Haggis, à ce fier Highlander… 

Salut à ton honnête, à ton aimable face,
Toi qui parmi les poudings es le chef de ta race !
C'est à toi que revient la première des places
Dessus tripoux, panse et abats,
Tu mérites que tous vraiment te rendent grâces
Longues comme mon bras.
Tu remplis le tranchoir qui sous ton poids se plaint.
Tes fesses font penser à la colline au loin,
Ta pointe pourrait bien réparer le moulin
Si le besoin en advenait,
Tes pores cependant distillent comme un suint
De l'ambre en chapelet.
Regarde le rustaud essuyer son couteau,
Se mettre à découper avec aise et brio,
Creusant comme un fossé, en incisant la peau
Tendue et chaude de tes miches.
Dans quelle gloire alors tu suscites les oh !
Que ton fumet est riche ! 

Tous alors, coude à coude, approchent et s'entrepoussent,
Ils s'empiffrent comme s'ils avaient le diable aux trousses,
Jusqu'à ce que leurs ventres tendus et maousses,
Résonnent comme tambours en somme,
Et qu'un vieil échevin, d'éclater plein de frousse,
Entonne un Te Deum. 

Y a-t-il être ici-bas aux mœurs dégénérées
Qui irait préférer ragout ou fricassée,
Un olio propre aux porcs à donner la nausée
Et qu'ils repousseraient, maussades,
Alors qu'il peut ainsi faire franche lippée
De telle régalade ? 

Pauvre diable ! Voyez-le devant son assiette
Comme un roseau fluet, tout l'air d'une mauviette,
Le poing guère plus gros qu'une pauvre noisette,
Tout flageolant sur ses guiboles.
Comment à l'ennemi peut-il faire sa fête,
Quand vient l'occasion folle ? 

Mais, nourri au haggis, voyez un peu le gars !
Il fait en s'avançant tout trembler sous son pas.
Dedans son poing robuste une épée plantez-moi,
II la fera sitôt siffler,
Et toc, comme chardons, têtes, jambes et bras
Il va vite élaguer. 

Vous, puissants, qui voulez le bonheur pour la masse
Et veillez que soit bon le menu qu'on lui fasse,
L'Écosse, sachez-le, ne veut pas de lavasse
Qui dans le bol clapote et bruisse.
Mais si vous entendez rester en bonne grâce,
Donnez-lui du Haggis. 

Adressé to a Haggis (texte original 1886) 

 

Fair fa' your honest, sonsie face,
Great chieftain o' the puddin'-race!
Aboon them a' ye tak yer place,
Painch, tripe, or thairm:
Weel are ye wordy o' a grace
As lang's my airm. 

The groaning trencher there ye fill,
Your hurdies like a distant hill,
Your pin wad help to mend a mill
In time o need,
While thro your pores the dews distil
Like amber bead. 

His knife see rustic Labour dicht,
An cut you up wi ready slicht,
Trenching your gushing entrails bricht,
Like onie ditch;
And then, Oh what a glorious sicht,
Warm-reekin, rich! 

Then, horn for horn, they stretch an strive:
Deil tak the hindmaist, on they drive,
Till a' their weel-swall'd kytes belyve
Are bent like drums;
Then auld Guidman, maist like to rive,
'Bethankit' hums. 

Is there that ower his French ragout,
Or olio that wad staw a sow,
Or fricassee wad mak her spew
Wi perfect scunner,
Looks down wi' sneering, scornfu view
On sic a dinner? 

Poor devil! see him ower his trash,
As feckless as a wither'd rash,
His spindle shank a guid whip-lash,
His nieve a nit:
Thro bloody flood or field to dash,
Oh how unfit! 

But mark the Rustic, haggis-fed,
The trembling earth resounds his tread,
Clap in his wallie nieve a blade,
He'll make it whissle;
An legs an arms, an heads will sned,
Like taps o thrissle. 

Ye Pow'rs, wha mak mankind your care,
And dish them out their bill o fare,
Auld Scotland wants nae skinking ware
That jaups in luggies:
But, if Ye wish her gratefu prayer,
Gie her a Haggis 

Et maintenant les desserts … si vous avez encore faim pour quelques recettes écossaises ! 

 Clootie Dumpling : un pudding Ecossais préparé dans un chiffon de lin. 

Lien vers la recette  

 

Cravachant ou tipsy laird (« lord éméché ») : un trifle au whisky, crème fouettée, whisky, miel, framboises et des flocons d'avoine. 

 

Nous sommes au Royaume Uni :

voici le fromage avec bannocks (gâteaux d’avoine) termine le repas avant le et thé / café

La boisson 

Les coups de fouet sont donnés par de la bière (parfois du vin), très souvent du whisky.

Après le repas, il est temps pour les connaisseurs de comparer la merveilleuse sélection de malts  (uisge beatha) servie par un hôte généreux.

 Le divertissement 

Le premier animateur suit immédiatement après le repas. Souvent, il s’agira d’un chanteur ou d’un musicien interprétant des chansons de Burns telles que :

Ma Luve est comme une rose rouge 

Rantin', Rovin' Robin 

 John Anderson, mon jo 

 Ae Fond Kiss 

 Auld Lang Syne  

Lorsqu’on arrive au café ou au thé, divers discours et toasts sont prononcés.

 

Premier toast : « To the Immortal Memory of Robert Burns » L’orateur principal prononce un discours rappelant certains aspects de la vie ou de la poésie de Burns. Celui-ci peut être léger ou sérieux et peut inclure la récitation d’un poème ou d’une chanson de Burns. Il est suivi d’un toast à la mémoire immortelle de Robert Burns.

 

Second toast : l’ode aux « Lassies » (l’ode aux demoiselles).  Il s’agit d’un court discours prononcé par un invité masculin pour remercier les dames, à la fois celles qui (probablement) ont préparé le repas, mais aussi un hommage plus large aux dames, dans le style de Robert Burns lui-même. C’est habituellement amusant et bon enfant. Les hommes portent alors un toast à la santé des femmes.

La réponse des  « Laddies » (la réponse des dames).

C’est alors qu’une invitée expose son point de vue sur les hommes, en réponse au discours de l’orateur précédent, avec des propos généralement assez larges. Ce discours est souvent plein d’humour et sans malice et inclura probablement des commentaires sur l’amour de Burns pour la gent féminine.

 

Après les discours, il peut y avoir encore des chants, des chansons de Burns (comme Ae Fond Kiss, ou A Man’s a Man) ou encore de la poésie (comme « To a Mouse, To a Louse »).

Les convives étrangers sont souvent invités à chanter ou à réciter des œuvres de leur propre pays.

Enfin, l’hôte invitera les invités à se lever, à se donner la main et à chanter Auld Lang Syne pour conclure la soirée. 

 

 

Et nous terminerons par Outlander. 

 

"Freedom and Whisky" nous rappelle cette période de l'histoire de l'Écosse où la liberté individuelle était très appréciée et recherchée. Tout comme Claire aspirait à la vie qu'elle avait laissée derrière elle, de nombreux poèmes de Burns illustraient un désir ardent du mode de vie écossais sans le fardeau de l'oppression.

 

Seulement treize ans avant la naissance de Robert "Rabbie" Burns à Alloway, l'insurrection jacobite avait eu lieu. À mesure que Burns atteignait l'âge adulte, les souvenirs de la révolution étaient toujours vivants après le désastre de la campagne de Bonnie Prince Charlie et l'échec du soulèvement.

 

Outlander aborde avec brio l’horreur de la guerre et la dévastation totale créée par les vainqueurs anglais. L'exécution, l'emprisonnement, le bannissement et l'éradication des piliers culturels, tels que le port du plaid, de la langue gaélique et de la musique folklorique si importante pour la culture écossaise, ont été interdits lorsque les Anglais commençaient à dicter leur loi.

 

Jeune homme, Burns s'irritait déjà devant la hiérarchie des Anglais dans la société qui avait pour effet que tous les hommes n'étaient pas égaux. Éminent nationaliste écossais de son temps, Burns s’est révolté contre l'oppression des Anglais, leurs lois iniques et leurs taxes exorbitantes.

 

Lorsque Burns écrit "The Author's Earnest Cry and Prayer", « Réclamation et prière fervente de l’auteur » destiné aux représentants écossais à la Chambre des communes, il exprime sa colère à l'égard du Parlement qui imposait des taxes sur la boisson nationale de l'Écosse. Il estimait que les Britanniques désavantageaient les distillateurs locaux et ceux qui utilisaient des alambics domestiques pour produire l'aqua-vitae (eau de vie).

Vous lords irlandais , vous chevaliers et squires 

Qui représentez nos bourgs et comtés , 

Et faites sagement nos affaires 

Au parlement, 

A vous les prières d'un simple poète 

S'adressent humblement 

 

Hélas, ma muse enrouée a la voix rauque I

Cela percerait de chagrin l’âme de Vos Honneurs

De la voir assise sur son cul

Par terre dans la poussière ,

Et criant des vers prosaïques ,

Comme si elle allait crever !

Dites à ceux qui ont la direction principale ,

Que , l'Ecosse et moi , nous sommes dans une grande affliction

Depuis qu'on a mis cette maudite restriction

Sur l'eau-de-vie ;

Opérez sur eux une forte conviction

Et excitez leur pitié.

Avancez-vous, et dites à ce jeune premier ministre,

Honnêtement, ouvertement, la vérité toute nue;

Dites-lui la soif de l'Ecosse et ainsi que moi ,

Ses humbles serviteurs :

Que le grand diable vous emporte au midi ,

Si vous ne dissimulez rien !

Quelque grand prend-il un air revêche et sombre ,

Parlez , et ne vous mordez pas les pouces !

 

Ecosse , ma vieille mère respectée ! 

Quoique parfois vous humectiez votre cuir 

Jusqu'à ce que sur la récolte de bruyère où vous êtes assise 

Vous perdiez votre eau , 

La Liberté et le whisky marchent ensemble ! 

Prenez votre goutte ! 

Avec intelligence et subtilité, Diana Gabaldon fait le lien entre Jamie Fraser (A. Malcolm l'imprimeur), dans l'article trouvé par Roger Wakefield lorsqu’il lit ce texte : "vous chevaliers et écuyers qui représentent nos arrondissements et nos comtés".

Et avec ce clin d’œil au combat de Burns, nous apprendrons plus tard qu'en plus d’être un imprimeur légal, Jamie est aussi un contrebandier de spiritueux fins et de whisky.

Jamie se sert de son métier pour diffuser une propagande anti-anglaise en faveur de la liberté. Burns cherchait également en diffusant ses poèmes à défendre sans restriction la boisson autochtone écossaise.

En Écosse aujourd'hui, le nationalisme et le désir de liberté se poursuivent sérieusement.

La vie éphémère de Robert Burns reste un héritage durable pour ceux qui luttent pour l'autodétermination.

Quelques livres