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Même s’il est indéniable que le seul amour de Jamie est et a toujours été Claire, il faut bien admettre que notre valeureux Écossais ne laisse pas indifférentes les personnes qu'il côtoie. Hommes ou femmes, jeunes ou vieux, bien intentionnés ou malveillants… Et si nous faisions une petite analyse des sentiments qu’il suscite ?

Laoghaire (prononcez Lyrie)

 

Commençons par la toute jeune Laoghaire qui, elle l’avoue elle-même lors du concert donné par le barde Gwyllyn, est tombée sous le charme de Jamie alors qu’elle n’était qu’une enfant. Vivant au château de Leoch sous la coupe d’un père autoritaire et d’une grand-mère aimante mais très occupée, on peut aisément comprendre que la jeune fille se soit laissé séduire par ce grand gaillard aux allures chevaleresques.  D’autant que son éloignement durant plusieurs années lui a permis de sublimer son image afin de nourrir son imaginaire romantique.  

C’est pourquoi son cœur bondit lorsque Jamie rentre de France. Elle n’est plus une enfant et elle est en droit d’espérer qu’enfin il la remarquera, d’autant qu’elle n’est pas laide la bougresse !

Et il est vrai que Jamie n’est pas insensible ! Certes, il est un peu goujat dans sa manière de l’ignorer lorsqu’il est en présence de Claire, mais il n’a rien contre quelques embrassades au détour d’un couloir… après tout, il n’est pas moine, n’est-ce pas ? Et on peut facilement imaginer l’émoi de Laoghaire à ce moment-là. Ça y est, elle est l’élue, ça ne fait aucun doute pour elle.   

Mais c’est compter sans la présence de Claire bien sûr. Belle, instruite, brillante et femme, comme le fait si justement remarquer Murtagh… Comment une jeune fille un peu simple pourrait-elle rivaliser ?  

Il aurait fallu que Jamie soit plus précis à ce sujet, et ne lui laisse aucun espoir en exprimant son amour pour celle qui est devenu sa femme, quelles qu’aient été les raisons premières de ces épousailles.  Mais n’oublions pas qu’il est en plein marasme matrimonial et qu’il doit faire un choix qui sera prépondérant pour le reste de sa vie. Tenons compte également du fait qu’il est encore bien jeune, sans expérience, un peu maladroit et qu’il a peur de blesser cette toute jeune fille qui a peut-être, à un moment donné, fait battre son cœur.  

Et c’est ce qu’il fait pourtant en refusant ses avances, il va la blesser au-delà des mots, transformant ce qui avait peut-être été un amour pur en une jalousie destructrice.  

L’histoire nous montre alors une jeune fille blessée et revancharde. L’amour s’est transformé en haine et plutôt que de pleurer sur l’indifférence de Jamie et se remettre en question, elle va rejeter tout son ressentiment sur cette femme qu’elle n’est pas, cette femme qui lui a volé son amour. Cette femme qui est forcément une enchanteresse, sinon comment expliquer le revirement de Jamie.  

Reste à savoir maintenant si Laoghaire avait réellement de l’amour pour Jamie et non pas juste le besoin d’être aimée par lui. Aurait-elle été différente s’il l’avait choisie ? Aurait-elle pu s’épanouir et rejeter loin d’elle cette hargne et cette noirceur qui l’ont poussée à désirer la mort de Claire sur le bûcher ? 

 

On peut se poser la question lorsqu’on constate que, 20 ans après, alors qu’enfin elle est devenue l’épouse de Jamie, plus haineuse que jamais, elle est incapable finalement de l’aimer et de se faire aimer de lui. Non, décidément, il y a peu de femmes aptes à mériter un homme tel que lui.  

Jonathan Wolverton Randall dit  Black Jack Randall 

 

L’amour le plus tourmenté de l’histoire est sans conteste celui que porte le bien nommé Black Jack Randall à Jamie.

D’aucuns, sur les réseaux sociaux, s’insurgent lorsqu’on parle d’amour à son propos, lui préférant les termes de sadisme, possession, folie… Mais je pense que ce n’est pas incompatible. La question se pose d’ailleurs : Jack Randall est-il capable d’aimer ? Nous apprenons, dans l’un des tout derniers épisodes où il apparaît, que oui, il aime son jeune frère Alex. C’est le seul qui semble être à l’abri de sa hargne et de son sadisme. Doit-on en conclure, un peu rapidement peut-être, qu'Alex est tout ce qu’il n’est pas ? Et que la première personne que Jonathan Randall déteste, c’est lui-même, ayant placé, depuis longtemps déjà, tout son espoir d’humanité dans l’autre membre de sa famille ?

Ce qui est frappant, c’est à quel point Randall est conscient de sa propre noirceur.

Il en fait part à Claire à plusieurs reprises, comme s’il avait besoin de se confier sur ce sujet, non pas pour quémander le pardon, mais pour que personne ne s’y trompe et n’attende de lui la moindre parcelle de bonté. Il se délecte des descriptions détaillées de ses actes de cruauté, comme un assassin qui reviendrait sur les lieux du crime afin de revivre en partie l’intensité de son acte.

Son rapport à Jamie est incroyablement complexe et puissant. Plus d’une fois je me suis fait le remarque que Jamie était probablement la seule personne de son entourage qui l’avait fait se sentir en vie.  Et c’est ce sentiment de vie qui va faire contraste avec le vide qu’il ressent. Est-ce la raison qui le pousse à l’anéantir ? Est-ce que c’est ce qui justifie la montée en puissance des actes de violence envers l’homme qu’il aime, ou tout au moins, qu’il désire?

Mais pour détruire ce sentiment, il faut prendre possession de la réalité de Jamie et, d’une certaine manière, le déposséder de son pouvoir de résistance, quitte à inventer une relation qui n’existe pas.

À plusieurs reprises, dans le récit qu’il fait à Claire des diverses tortures qu’il lui a infligées, Randall insinue que, d’une certaine manière, Jamie a été acteur, même si cela a été à son corps défendant. Notamment lorsqu’il relate la flagellation, il évoque un public ignorant du chef d’œuvre qu’ils étaient en train de réaliser, comme s’il était possible que Jamie ait pu partager une quelconque intention avec son tortionnaire.

De la même manière, que ce soit après lui avoir planté un clou dans la main en lui faisant remarquer qu’aucun d’eux n’oublierait ce moment, ou alors en lui demandant s’il est présent dans ses cauchemars, Randall laisse percevoir son désir d’être aussi présent dans la vie de Jamie que ce dernier l’est dans la sienne. N’est-ce pas une forme d’amour finalement, aussi vicieuse soit-elle ? N’est-ce pas la preuve que Randall a offert son âme sombre et tourmentée à Jamie ?

La scène du viol est à ce titre très évocatrice de l’état d’esprit de Randall. Il ne se fait pas d’illusions, et sait très bien qu’il n’y a aucune chance que Jamie éprouve le moindre désir ou sentiment pour lui. Comment pourrait-il demander qu’on l’aime, lui qui se déteste avec autant d’application ?

Ce qu’il veut, ce n'est donc pas l'amour de Jamie, mais être à l’origine de son plaisir. Elle est là, sa seule victoire. Il s’en vante d’ailleurs auprès de Claire : "Je connais le râle qu’il pousse au summum de son excitation"…   

Et c’est d’ailleurs là que se place le vrai traumatisme de Jamie.

 

Finalement, sur la lande ensanglantée de Culloden, dans une danse de la mort presque absurde, Randall pourra mourir dans les bras de celui qui a donné un sens à sa vie et, par là-même, un sens à sa mort. Un sens qui prend racine dans la folie bien sûr… mais le fou a-t-il conscience de l'être ?

Lord John Grey  

 

En opposition à Jonathan Randall, l’amour que lord John Grey porte à Jamie est très certainement le plus pur et le plus émouvant qui soit. Il naît sans crier gare dans la froideur d’une prison écossaise où aucun des deux ne voudrait être, sans autre raison qu’une sensibilité commune et une douleur passée qui exacerbe leurs sentiments.

Pour John, Jamie est ce courage et cette droiture qu’il aurait aimé avoir pour dire adieu à son amant sur le champ de bataille de Culloden, et ce, malgré la désapprobation de son frère ; c’est la beauté d’un corps que nulle privation ne saurait amoindrir ; c’est l’aveu sans peur d’un amour disparu qu’il assume.

 

Pour lord John, à l’étroit dans son devoir britannique, mis à l’index à cause de sa différence, Jamie est le symbole d’une résistance magnifique à laquelle, peut-être, il aspire.

Quoi qu’il en soit, parce que c’est un homme droit, il ne ment pas, et même si cela lui rapporte, un temps, le dédain de cet amour soudain, peu importe, il touche, il caresse, il éprouve… tout cela sans attendre quoi que ce soit.

C’est ce qui caractérise l’amour de John. Un amour impossible qui ne le rend pas amer, qu’il n’essaye pas de faire disparaître. Il accepte de souffrir afin de garder cet amour en lui.

 Est-ce que lord John se prive ainsi d’une vie personnelle ?

L’histoire intime de John est décrite différemment dans les livres et dans la série.

Dans les livres, que ce soit la saga en elle-même ou les nouvelles qui lui sont dédiées, lord John a une vie débridée et a su trouver le moyen d’assouvir ses désirs dangereux (n’oublions pas qu’à cette époque, l’homosexualité était punie de mort) tout en assumant ses engagements publics.

Dans la série, lord John nous est montré plus solitaire et nous ne savons de lui que ce qui est en rapport avec Jamie et à sa famille, ce qui peut être trompeur bien sûr.

Mais on peut tout de même s’arrêter sur le fait qu’il a accepté d’épouser Lady Isobel Dunsany afin de se rapprocher de William !  Comme une ellipse qui lui permettrait d’être le père de l’enfant de l’homme qu’il aime, sans que ce dernier n’ait à se contraindre ! D’ailleurs quel magnifique moment, lorsque Jamie se propose à lui en paiement de son engagement envers son fils ! Surtout lorsqu’on connaît le traumatisme subi avec Randall !

Cela dit, les versions diffèrent grandement du livre et de la série là encore.

Dans la série, on peut se demander si Jamie désire également lord John. Il y a peu de chance, mais à ce moment de sa vie, il n’a rien d’autre à donner. Rien d’autre de valeur. Alors, avec lord John, ce serait supportable.

À l’inverse, dans le livre, Jamie ne s’offre à John que pour tester sa droiture morale afin d’être certain qu’il peut lui confier William, car il craint que John ne reporte son désir sur son fils qui lui ressemble terriblement. C’est sûr que la donne n’est pas la même, d’un côté c’est la confiance absolue, de l’autre c’est la défiance.

Les années passent, John retrouve Jamie en Jamaïque, Claire est de retour.

Dans le film, les deux amis se retrouvent avec émotion devant Claire. Dans le livre, ils s’embrassent sous les yeux ébahis de Claire qui les regarde en cachette. Là encore, la différence est de taille, ce qui rend difficile une analyse cohérente de la situation et du réel rapport qu’entretiennent les deux hommes.

 

Mais quelle que soit la version, il y a une constance que rien ne vient amoindrir. Les sentiments inassouvis de John n’empêchent pas son amitié et sa loyauté, et c’est sa droiture morale qui permet à cet amour bancal de perdurer.

Lady Geneva Dunsany  

 

Elle en aura fait couler de l’encre sur les réseaux sociaux dédiés à la saga, cette jeune lady anglaise !

D’aucuns la trouvent capricieuse, d’autres trop dévergondée pour être crédible, d’autres encore parlent de viol (et on ne sait pas trop qui est considéré comme violé dans cette affaire). Bref, on sent clairement que les fans (féminines, soyons juste) auraient préféré voir Jamie rester chaste le reste de sa vie jusqu’au retour de Claire et certainement pas prendre du plaisir dans les bras d’une jeunesse belle comme un cœur.

 

Heureusement, d’autres ont apprécié ce personnage qu’il faut, à mon sens, impérativement remettre dans son contexte historique et familial.

Une toute jeune fille du XVIIIe siècle, offerte en pâture à un vieux pervers, comme on offrirait un os à un chien pour s’en faire un ami. C’est immonde, même si c’était clairement la norme à l’époque.

Elle est belle, intelligente, courageuse aussi, mais tout cela ne compte ni pour sa famille ni pour son promis. Elle est, par le fait, réduite au nom qu’elle porte et au domaine qui va avec. On voit à sa mine défaite que rien dans cette affaire ne lui convient, et il n’est pas difficile de se mettre à sa place. Comme éteinte, elle a visiblement abandonné l’idée d’être elle-même.

Et puis voilà qu’elle aperçoit Jamie qui est tout l’inverse. Un homme de lumière, beau, grand, fort, et, étrangement, alors qu’il est un prisonnier jacobite au service d’un noble, il est infiniment plus libre qu’elle. En une seconde, elle sait que ce sera sa seule possibilité d’être encore une femme à part entière. Ce sera peut-être le seul choix de sa vie. Alors plus rien d’autre ne compte.

Certes elle s’y prend mal, certes son chantage est insupportable, mais que lui a-t-on appris jusqu’alors ? Dans quel bain a-t-elle été élevée ?  Alors elle se lance. Elle joue avec Jamie. Elle le teste, le prend de haut alors qu’elle n’est plus rien finalement, ou alors juste pendant les quelques jours qu'il lui reste. Ensuite elle ne sera que la femme d’un vieux bougon.

Elle profite de ces derniers instants de semi-pouvoir pour accrocher un homme qu’elle n’aura jamais pour elle. C’est douloureux et il est fort probable que Jamie n’en a pas conscience immédiatement, trop atteint dans sa propre souffrance.

Quoi qu’il en soit, il la rejoint dans sa chambre et, détaché, s’apprête à payer son tribut pour garder sa semi-liberté et préserver sa famille. Jamie quoi !

Je ne crois pas que le fait qu’elle soit particulièrement belle change l’affaire pour lui. Pour autant, on ne peut s’empêcher de remarquer la ressemblance entre Geneva et Claire (en tous les cas dans la forme télévisée). Mais rien n’est dit là-dessus.

Ce qui compte, c’est le renversement de situation.

Dans cette chambre, Geneva redevient immédiatement jeune fille. Perdue, timide presque, s’accrochant à sa décision comme à une bouée… et percevant alors la bonté de Jamie, elle ôte son masque de petite bourgeoise. Elle baisse la garde. Enfin, elle peut se permettre d'être elle-même. Elle est bouleversante, et on bénit le ciel qu’elle soit tombée sur Jamie et non un rustre qui n’aurait pas su la rassurer et prendre soin d’elle.

Ils font l’amour, elle avec toute la ferveur dont elle est capable, sans pudeur, lui avec toute la douceur et le respect qu’on lui connaît, sans rancune.

Et voilà qu’ensuite, elle lui annonce qu’elle l’aime. Il a beau dire que ce n’est pas de l’amour, que ce sont juste les sensations qu’il a déclenchées en elle… je crois qu’il se trompe et que Geneva était alors, à ce moment-là en tous les cas, tout à fait apte à l’aimer, quand bien même cet amour n’est pas le même que celui qu’il éprouve pour Claire.

Car ce qu’il lui a offert cette nuit-là, c’est bien plus qu’un moment charnel ! Ce qu’il lui a offert, c’est de l’attention et du respect, c’est ce qu’elle n’a jamais eu et qu’elle sait ne jamais avoir avec l’homme à qui son père l’a vendue. Et d’un homme qui lui offre ça, alors qu’elle l’a contraint sous la menace, elle ne peut que tomber amoureuse.

Mary MacNab 

 

S’il y a un personnage féminin partageant momentanément la couche de Jamie qui a fait l’unanimité parmi les fans, c’est bien Mary MacNab dont la gentillesse, la tendresse et le sens du devoir ont permis un peu de douceur dans la vie de notre Highlander qui était alors au plus bas.

Il est important cependant d’être lucide quant aux sentiments qu’elle éprouvait pour lui. Je pense qu’elle n’était pas amoureuse de lui, mais qu’elle aimait ce qu’il représentait et qu’elle avait une affection toute particulière pour lui comme pour sa sœur, comme pour tous les habitants de Lallybroch.

 

Ce n’est pas précisé dans la version télévisée, mais chacun peut facilement se représenter ce qu’a été sa vie lorsqu’on se souvient qu’elle a été mariée à Ronald MacNab, celui qui battait son enfant et que Claire puis Jamie ont remis à sa place lors de la première saison. Une brute épaisse qu’on imagine facilement passer ses nerfs sur sa femme.

Ce qui n’est pas expliqué dans la série et qui l’est dans le roman, c’est que c’est ce même Ronald qui a dénoncé Jamie aux Anglais (et non Horrocks comme cela est suggéré dans la série), ce qui lui a valu son séjour à Wentworth. Les gens de Lallybroch l’ayant compris l’ont finalement exécuté, puis ont brûlé sa maison et c’est pourquoi Jenny a accueilli Mary chez elle.

 

Lors d’une discussion avec l’un de mes fils, fan également de la saga, je lui faisais remarquer que je trouvais l’attitude de Mary très maternelle vis-à-vis de Jamie, mais lui ne le voyait pas comme ça et trouvait son attitude plutôt amicale. « Ce sont deux amis qui se consolent l’un l’autre » m’a-t-il dit.

Oui, sûrement. Peut-être un peu des deux.

 

D’un point de vue symbolique, je trouve ça très important qu’elle l’aide tout d’abord à se laver, à se raser, puis lui permette de pleurer. D’une certaine manière, elle le nettoie de corps et d’esprit avant de lui permettre de redevenir un homme pour que ce soit en tant qu’homme qu’il rejoigne cette prison et non comme un être déchu. Elle lui rappelle qu’il est un homme libre à l’intérieur de lui, peu importe où il se trouve. De plus, et ce n'est pas un détail, elle se rappelle qu'elle est une femme. 

« Vous avez le droit de me regarder », lui dit-elle… comme elle pourrait lui dire, vous avez le droit d’être qui vous voulez.

 

Bref, une scène magnifique avec une femme magnifique.

Le duc de Sandringham 

 

Certains se demandent peut-être pourquoi le duc de Sandringham figure sur cette liste. En effet, quelle ne fut pas ma surprise, lors de conversations sur les groupes de fans, de constater que beaucoup n’avaient pas pris garde au fait que, d’une part, le duc de Sandringham était attiré par les jeunes garçons, et que, d’autre part, il l’était tout particulièrement par le beau Jamie.

Certes, dans la version télé, il n'en est que très peu fait mention. Jamie en parle à Claire avec un joyeux détachement alors que Murtagh vient de lui annoncer la venue du duc aux abords de Leoch : « Le duc aime les hommes, je sais. Il est venu quand j’avais 16 ans et m’a posé un tas de questions, mais c’était tout » …

Dans les livres, Diana est plus précise bien sûr. On y apprend que le duc a même tenté de violer l’adolescent (n’oublions pas que les Écossais ne portent rien sous leur kilt) et que le seul moyen qu’a trouvé Jamie pour se prémunir des turpitudes intempestives du duc lors d’une sortie suivante a été de prendre un laxatif ! (J’adore l’humour de Diana.)

Pour autant, il me semble assez évident que le duc ne dirait pas non à quelques galipettes avec un Jamie un peu plus âgé et qui semble plutôt à l’aise avec les émotions qu’il suscite. Et que je te caresse la joue, et que je te lance des regards langoureux, et que je te fasse des compliments, on ne sait jamais...

Bref… même si cela est assez peu présent dans l’histoire, il me semblait légitime, et même, important, de citer le duc car cela nous montre bien à quel point Jamie a l’habitude d’attirer l’attention des messieurs.

 Quant au duc, difficile de savoir ce qu’il ressent pour Jamie. Il semble apprécier tout autant sa fougue que sa beauté physique, ce qu’il dit à sa manière lorsqu’il lui demande de le seconder lors de son duel avec McDonald : « Je choisis mes aides pour leur beauté, non pour leur combativité, toi bien sûr, tu représentes un sublime alliage des deux ».

Et ce n’est pas tant sa caresse langoureuse sur la joue de Jamie qui en dit le plus long lors de cette scène, que le regard de ce dernier, ayant une parfaite conscience du pouvoir qu'il a sur le Duc et de ce que celui-ci a en tête exactement.

 

Bien évidemment il ne s’agit nullement de sentiment. Le duc n’aime que lui ! Mais de désir et de convoitise.

Madame Jeanne 

 

Sacrée Madame Jeanne, qui se découvre des sentiments pour le seul homme de tout Édimbourg prêt à refuser ses services, même gratuits,  ainsi que ceux de ses employées !

Tenancière de bordel un brin autoritaire mais pas méchante pour autant, elle est une cliente, et une bonne !! Mais elle n’a pas su, de toute évidence, vaincre les mœurs et la morale irréprochable d’Alexander Malcom, alias notre merveilleux survivant, Jamie Fraser, et ce, à notre grand soulagement !

Première scène du très attendu épisode évoquant les retrouvailles de Jamie et Claire après 20 années de séparation forcée.  Nous découvrons Jamie se laisser habiller, pomponner, materner même, par une très belle femme au regard énamouré.

La scène est là pour nous faire frémir à n’en pas douter ! Nous venons de passer l’épisode précédent à suivre les préparatifs et les doutes de Claire : « Et s’il n’avait plus envie de moi ? » avait-elle même fini par se demander !  Mais, tout comme Brianna, et même si nous ne savions rien de lui depuis son départ de Helwater, nous n’avions aucun doute sur le fait que Jamie l’aimait encore à la folie.

Rien ne nous prépare donc à cette scène d’un Jamie souriant, se laissant cajoler par une femme qui pourrait très bien être la sienne !

Et puis, toujours souriant, ce qui contraste pour le moins avec le Jamie que nous avions laissé quelques années auparavant, quittant Helwater et par là-même son fils illégitime, il marche jusqu’à son imprimerie où Claire le rejoint quelques heures après, pour des retrouvailles à la hauteur de nos attentes.

Nous oublions Madame Jeanne aussitôt.

 

Le soir venu, nous sommes surpris, au moins autant que Claire, de le voir revenir au bordel où nous comprenons petit à petit la situation. Ce que nous comprenons aussi, et c’est prévu pour, c’est que Madame Jeanne, sous ses airs bravaches, en pince pour notre Écossais et que la venue de Claire, estampillée épouse qui plus est, lui  met un coup au moral.

Aucun doute n’est possible sur le fait que Jamie a conscience de cet attachement et il est fort probable que cela lui a facilité les négociations quant à sa participation à son affaire illégale de négoce d’alcool. Pour autant sa réponse et sa posture ne laissent aucun doute sur le sujet : non, il n’a pas eu de relation avec la maîtresse des lieux.

Ouf ! Nous voilà rassurés tout autant que Claire (même si bien sûr, l’avenir va s’annoncer plus compliqué que prévu, avec la révélation de la seconde épouse).

 

Quant à Madame Jeanne, elle disparait de la vie de Jamie en moins de temps qu’il ne faut pour dire "Lallybroch" et il n’est pas interdit d’avoir un peu de compassion car définitivement, le cœur de Jamie n’avait pas de place pour elle.

 

Annalise de Marillac 

 

La particularité d’Annalise de Marillac est qu’elle est un amour passé de Jamie.

Ce ne sont pas tant les sentiments qu’elle a, ou qu’elle n’a plus, lors de leurs retrouvailles à Paris, que ce qu’elle laisse entrevoir d’une partie de la vie de Jamie que nous ne connaissons pas.

Outlander, qui aime jouer avec le temps, nous avait déjà un peu conté l’histoire passée de Jamie au sein de sa famille : sa mère, son frère aîné, ses oncles et tantes. On nous raconte son voyage à Paris, on évoque son enfance aux côtés de Ian puis un peu de son statut de militaire. Moins loin dans le passé, on évoque bien sûr sa rencontre avec Black Jack Randall, sa résistance et sa droiture ; sa force morale et physique.

Mais ce que nous apprend Annalise, c’est que Jamie, son petit sauvage, pouvait être bagarreur et prêt à en découdre pour l’amour d’une femme. D’ailleurs, à ce sujet, la lecture des livres nous en apprend bien plus et il s’avère que Jamie était terriblement épris de la jeune fille qu’il trouvait être la plus belle du monde. Peut-être était-ce là son tout premier amour.

Ensuite, en se confiant à Claire, Annalise nous apprend que Jamie n’a pas toujours été ce fin négociateur que nous connaissons, cet homme infiniment politicien. « Jamie n’était pas intéressé par les intrigues… il était direct, honnête, et simple… »  dit-elle.

Et on est enclin à la croir, car, d’évidence, les intrigues du clan MacKenzie puis celles du prince Charles qu’il va tenter de duper en faisant échouer la rébellion, lui ont forgé un tout autre caractère et nous le montrent sous un jour différent, tacticien et un brin manipulateur (ce qu’il sera encore plus une fois installé en Amérique).

On peut comprendre que cela ne conviennne pas à la jeune Annalise qui, sous ses airs de jeune noble française un tantinet frivole (mais bien moins que Louise de Rohan), n’en est pas moins particulièrement fine et intelligente.

 

On peut alors se demander si elle serait tombée amoureuse de  cette nouvelle personnalité… celle qui nous enchante et qui convient si bien à Claire. Cela est peu probable. D’ailleurs, cela lui permet d’être tout à fait à l’aise avec Claire, sans aucun ressentiment, sans aucune jalousie. Presque amicale.

Une bien belle personnalité.

Claire Beauchamp-Randall-Fraser 

 

Sans rire ? Vous pensiez vraiment que j'allais ajouter Claire à cette liste ?

Fans de peu de foi !

Claire mérite une page à elle toute seule et peut-être qu'un jour je m'essaierai à une tentative d'analyse de ses sentiments pour Jamie. 

Mais pour l'heure, je vous laisse à la vision enchanteresse de ce visage pur et de ce regard envoûtant. 

 

Valérie Gay-Corajoud 

Les Amours de Jamie